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dimanche 15 décembre 2013

"Rhume de dragons" - la fin !! -


L'illustration finale de "Rhume de dragons" !

L'histoire complète est à découvrir sur le site de plumes et pinceau :
http://plumeetpinceau.ch/2013/12/15/rhume-de-dragons-2/
Avec la version audio !

La famille "Nobel" fut celle qui nous proposa la fin choisie, bravo à eux !

Concernant le partage de l'illustration. Je dessina la partie gauche avec le dragon sage. Et Jenay Loetscher (http://www.jenay.ch/), alias pinceau, fit la partie droite avec l'arbre brûlé-gelé.

Merci à Plume et Pinceau pour cette aventure !!

vendredi 15 novembre 2013

Rhume de Dragons

Atchaaaaaaaapparition du conte de novembre de Plume et Pinceau !!!
http://plumeetpinceau.ch/

Rencontre faite en août de deux créatrices magiques !
Noémie alias Plume. Et Jenay alias Pinceau.
http://www.jenay.ch/

En les rejoignant pour un conte, je suis devenu Crayon. Quel honneur !
A ceux-ci s'ajoute encore Julien, Micro, qui a donné vie à une version audio excellente !!
Voici ce que notre mélange d'accessoires à crée pour ce mois.


http://plumeetpinceau.ch/2013/11/15/rhume-de-dragons/

Bonne lecture, vision et écoute !


Et vous avez maintenant jusqu'au 1er décembre, minuit, pour donner votre réponse de la meilleure fin de l'histoire à noemie.petremand@gmail.com ! Un cadeau parviendra au gagnant et sa proposition sera illustrée !
A vos idées !!


Partage des illustrations :
Fab : Tchimi, le dragon vert, et l'arrivée à la cabane.
Jenay : Léa, la dragonne rose, et le réveil sur la terrasse.

mardi 8 mai 2012

Démasqué

 
Madame Girafe lui lance un regard noir depuis la cuisine. Affalé dans le canapé, Monsieur Girafe fait mine de l'ignorer. Son masque posé sur la table basse face à lui semble aussi mécontent.



Monsieur Girafe est fatigué. Fatigué qu'on lui reproche de travailler, fatigué de ne pouvoir contenter tout le monde, fatigué du manque de soutien de sa femme, fatigué d'être fatigué. Monsieur Girafe aimerait taper sur quelqu'un ou quelque chose.

La chouette d'alarme s'extrait du mur du salon, vole jusquʼà la table et, avec son bec, entreprend le nettoyage de ses ailes. - Ce que tes murs peuvent être sales chère Girafe Masquée. Vous devriez changer de femme de ménage, l'intérieur des murs ça se nettoie, c'est comme les oreilles. Bon, que me vaut cette grise mine? Je t'ai connu avec plus de superbe. Sans ton masque, tu me fait lʼimpression d'une discothèque sans lumières. Tu es fadasse cher ami.

Pour toute réponse, la girafe essaie de l'assommer d'un coup de son pied qui trainait sur la table.
- Ce que tu peux être susceptible! Allez, confie-toi à ton vieux copain.



- On nʼest pas copain.
- Susceptible et tatillon en plus! Bravo Monsieur.
- Qu'est ce que tu me veux la chouette?
- Au risque d'un air de déjà entendu: je m'alarme comme toujours. Et crois-moi, vue l'ambiance dans ce salon, il y a de quoi.
- C'est pas moi, c'est elle.
- Si je voulais ce niveau de réflexion, j'aurais été directement voir ton fils. Pourrais-tu développer s'il te plait?
- Ma femme est fâchée. Je suis de nouveau rentré après le souper et le petit dormait déjà. J'ai dû passer au bureau des quittances pour le travail, il y avait du monde et voilà: je n'ai pas mangé, pas vu mon fils et ma femme tire la gueule. Qu'est-ce que j'y peux moi? Faudrait que madame girafe comprenne qu'on ne peut pas avoir un mari prince professionnel, un loft au sommet du plus haut building de la ville et un papa présent tous les jours pour le souper. Ca me casse le cou quʼelle sʼénerve toujours pour les mêmes choses.
- Tu en déduis donc que cʼest juste pour tʼemmerder. Bonne déduction cher Watson. Tu es un génie.
- Arrête avec ton ironie à la noix, la chouette! Tu me fatigues. Cʼest pas ça la question. Je mʼénerve parce que je nʼai pas de réponse. Jʼen viens à en avoir marre de mon foutu masque princier si chèrement acquis. Pourquoi je ne suis pas un humain? Avec leurs pouvoirs magiques, je me dédoublerais dʼun coup de baguette et hop! tous mes problèmes seraient envolés.
- Permets-moi de ruiner tes espoirs, cher ami. Je les connais, moi, les humains. Jʼen fréquente un certain nombre dans les métros: ils sont pour la plupart complètement fous. Ils passent leur temps à courir après des cailloux jaunes dont je nʼai pas bien pu définir lʼutilité, mais dont ils sont avides. Et leur pouvoirs magiques leur servent uniquement a sʼassassiner parmi pour récupérer les cailloux des autres. Un jeu un peu idiot et pas très drôle, si tu veux mon avis. Sans compter quʼà ce rythme, ils seront bientôt tous morts. Remarque, ça nous fera plus de place dans les métros du soir. Mais excuse-moi je mʼégare, revenons-en à ta Girafe. Quand vous avez fini de crier, vous faites quoi?
- On se couche et on recommence. Le train-train dans le couple, y a que ça de vrai.
- Arrête avec ton ironie à la noix, la girafe! Tu me fatigues, imite la chouette en se calant le
masque de la Girafe sur le visage.


- Touche pas à mon masque, le volatile. Cʼest pas pour les chouettes. A vrai dire, même les girafes nʼont pas lʼoccasion de porter ce masque tous les jours. Il faut être lʼélu du peuple pour ça.
- Lʼélu du peuple! sʼexclame la Chouette dʼalarme, le masque toujours sur le visage. Pfffff! Va falloir voir pour se dégonfler, Monsieur le prince. Dans cet appartement je vois plutôt une électrice en pétard, celle-là tu vas pas la faire changer dʼavis en lui serrant la main. Et la chouette de jeter gentiment à son ami le masque de bois. Remarque, cʼest pas bête ça, tu pourrais faire comme avec tes électeurs.
- Je lui distribue un tract avec ma tête et je lui fais un sourire, quelle bonne idée! Tʼas déjà pensé à tʼorienter dans la thérapie de couple?
- Ecoute-la, espèce dʼidiot! Tes électeurs, tu te préoccupes de leur petite vie pour la rendre meilleure, et toi, tʼaime bien quand on tʼécoute Monsieur lʼélu. Ehhh bien les femmes , cʼest pareil.
- Oui et on discute avant ou après les jets dʼinsultes?
- Après, pile poil entre les insultes et «on se couche et on recommence».

Le bipper de la chouette sonne. Elle le sort de sa poche, pousse un soupire et le remet en place. - Bon lʼami, je te laisse, jʼai le Miam Miam qui refait des siennes: un train à grande vitesse rempli de jeunes pigeons voyageurs en course dʼécole. Ils ont pas ton cou, sʼil les attrape, ce sera leur dernier voyage. Mais essaie ce truc des électeurs pour me faire plaisir. Bye!

La Chouette dʼalarme lui fait un signe de lʼaile avant de sʼenfoncer dans le mur. La Girafe lui répond dʼun léger signe de tête avant de sʼenfermer dans un profond silence réflexif. Après quelques minutes bien pesées, il se redresse sur son canapé, saisit son masque jeté sur son ventre par son ami à plume, puis fait mine de lʼenfiler. Il se ravise, le pose sur la table et fait signe à sa femme dans la cuisine.

- Chérie, vient me parler de ton mari. On va te convaincre de revoter pour lui.




Texte : Sandro


mercredi 1 février 2012

" Pour faire le portrait d'un oiseau "











Poème de Jacques Prévert illustré à l'occasion de mes examens de semestre.
Le défi était de réaliser une ligne éditoriale avec l'un des trois textes distribué sur un délai de 5 jours.

Pour ma part j'ai imaginé le rendu final sous la forme d'un dépliant vertical en petit format. Les lignes de force du bas de chaque illustration fusionnant avec la suivante.
Et je me suis surtout fais plaisir en m'exerçant au noir/blanc :)

vendredi 20 janvier 2012

Le petit Chaperon rouge


Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.
Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre Village. En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt. 


Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un Loup, lui dit : Je vais voir ma Mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma Mère lui envoie. 


Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le Loup.
Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du Village. Eh bien, dit le Loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.
Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la Mère-grand ; il heurte : Toc, toc. Qui est là ? C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le Loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. La bonne Mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé. Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la Mère-grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc.
Qui est là ? Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du Loup eut peur d’abord, mais croyant que sa Mère-grand était enrhumée, répondit : C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit.


Le Loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. 


Elle lui dit : Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ? C’est pour mieux t’embrasser, ma fille.
Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes ? C’est pour mieux courir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ? C’est pour mieux écouter, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux ? C’est pour mieux voir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents. C’est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea.
Texte : Charles Perrault


Pour cet exercice de cours, Je me suis associé à Kevin Crelerot. http://www.facebook.com/pages/Kevin-Crelerot/135174919877899?ref=ts
Il a illustré le point de vue du Loup et j'ai fait celui de la Chaperonne.

mardi 28 juin 2011

Miam ! Miam !


Dans la jungle, une petite Girafe arborant un beau masque de bois et un costume très distingué attend tranquillement le métro à l'ombre d'un arbre. Elle mâchouille une plante et regarde sa montre. Elle est dans les temps.


Le métro, ponctuel, s'arrête à grand bruit et lui ouvre ses portes. Notre Girafe entre et s'assied sur le strapontin à côté de la porte. Le wagon est curieusement vide, seul le bruit des rails vient accompagner le voyage. Pas de grand-mère geignarde ni d'adolescent rebelle au portable hurlant de la musique. Etrange.
- N'avez vous donc pas peur!
La girafe sursaute! A sa droite, une chouette d'alarme s'extrait de la parois en tôle et vient s'asseoir sur le strapontin d'en face.


Notre voyageuse, remuée:
- Eh bien vous savez faire votre entrée vous. Vous avez bien failli me tuer. J'étais persuadée d'être seule.
La chouette la contemple en se grattant nonchalamment son nez d'alarme.
- Et ça ne provoque rien dans votre cerveau haut perché: dix-huit heure et personne dans le métro?
- Maintenant que vous le dites, ça m'a bien semblé étrange en entrant mais j'ai préféré y voir une occasion de choisir ou m'assoir, plutôt que d'extrapoler un danger quelconque. Je suppose que j'ai eu tort à voir votre tête. Eclairez-moi.
- Le Miam Miam est de retour! S'exclame d'un ton grave la chouette, en écarquillant les yeux.
La girafe ne réagissant pas elle continue:
- Vous ne le connaissez pas? Le Miam Miam est un Mange Rail. Le pire! Le plus gros et le plus méchant!
- Je vois. Et pourquoi vous êtes là vous si il est si monstrueux ce Miam Miam?
- Je travaille, Monsieur: J'alarme. Vous n'avez donc pas peur de vous faire dévorer avec le métro? Si le Mange rail prend cette ligne, croyez-moi il n'est pas du genre a faire dans le détail. Le Miam Miam mange et digère tout. Même les girafes masquées. N'avez vous donc pas peur de mourir?
- Pas vraiment non. Je ne peux pas mourir.
- Tiens donc. Et pourquoi ça?
- Pour deux raisons. Premièrement j'ai rendez-vous. Deuxièmement la porte de la mort est trop petite pour mon cou. Du coup je dois rester dehors. Et dehors c'est ici. Pas mort donc. Surtout n'insistez pas, j'ai essayé de face, de profil et même la tête en bas: rien à faire. Donc votre Miam Miam il peut toujours venir.
- Une girafe immortelle voyez-vous ça. Eh bien vous aller pouvoir nous faire une petite démonstration. Il arrive. Dit-elle en se dissimulant précipitamment dans la parois du wagon. En effet à l'horizon loin derrière le train, juste sous le soleil, on voit avancer une énorme masse noir qui aspire les rails à grande vitesse.


Dans le train notre Girafe se lève, brosse un pli sur sa veste et se dirige ensuite calmement vers la plate-forme a l'arrière du dernier wagon. Elle s'appuie contre la barrière et sort une feuille qu'elle mâchouille en attendant que le Miam Miam s'approche. Celui-ci avance de plus en plus vite attiré par la perpective d'un bon métro à engloutir. A deux mâchoires du train le monstre agrandis sa bouche afin de pouvoir gober sa proie. On voit de la bave ruisseler des commissures de sa bouche. La girafe se redresse.
- A l'heure comme d'habitude, approche encore un peu vieille limace. Murmure t'elle.


La gigantesque bouche du Miam Miam engloutis le métro, la nuit tombe sur le train. Pas un éclat de lumière ne perce a l'intérieur du monstre. Le train roule encore quelques minutes dans le noir le plus total, jusqu'à ce que des traits de lumière colorée percent l'obscurité. Du jaune, du bleu et du rouge. Une musique joyeuse se fait entendre.
- Nous y voilà. Parfait! Murmure la girafe en tapotant sa montre.
Le train s'arrête finalement devant une grande place entourée de somptueuses maisons. Une grande fête bat son plein. Sont réunis là, une centaines de personnes, le gratin de la société des girafes. Tous masqués et apprêtés de la plus belle manière. A l'arrivée du métro, le silence se fait dans l'assemblée. Tout le monde se tourne pour voir le nouvel arrivant descendre du wagon.


- Mesdames, Messieurs! Par les pouvoirs qui me sont conférés en tant que président, je déclare ce centième carnaval ouvert!
L'assemblée déverse un tonnerre d'applaudissement. Notre Girafe s'incline en avant pour remercier son publique et jette en l'air son chapeau.
- Que la fête commence!


Texte de Sandro